en résidence du 9 au 14 novembre 2020 et du 1er au 6 mars 2021

Présentation du projet « Silence radio »
Parce qu’ils en ont marre de ne pas être entendus, des résidents décident d’animer une émission de radio en Creuse depuis leur Ehpad. Avec un peu de chance, qui sait, il se pourrait bien qu’ils soient écoutés par quelqu’un, quelque part…
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EXTRAITS
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“Il fumait et buvait beaucoup, ça l’a tué mais ça arrive à tout le monde !” François
« À 96 ans, on ne peut pas demander la lune. » Hortense
“Y a que les cornichons qui vont de travers”, Robert
“J’ai eu une histoire avec Johnny Hallyday”, une résidente
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Nous avons découvert l’Ehpad Pierre-Ferrand de Royère-de-Vassivière à l’été 2017, lors d’un atelier vidéo que nous avons animé au sein de l’établissement. Le temps passé depuis à l’Ehpad aux côtés des résidents, nous a peu à peu amené à tordre le coup aux stéréotypes dans lesquels nous avons l’habitude de les enfermer. La vieillesse n’était pas nécessairement synonyme de maladie, et même s’il arrive parfois que ce soit le cas, cela n’empêche pas une personne âgée de désirer, d’aimer, de rêver, de revendiquer ou de contester. En un mot, d’exister.
(Re)donner la parole à ces personnes âgées (souvent dépendantes, mais pas toujours) à travers le canal radiophonique serait le motif principal du film, en tissant des liens entre l’intérieur et l’extérieur de l’Ehpad, le territoire, la Creuse et le monde environnant.

Depuis le mois de mars dernier, les résidents sont confinés dans leur chambre, les activités annulées et les visites encadrées. Autrement dit, pour qu’ils/elles puissent échapper au Covid-19, nous les avons coupé.e.s du monde, rompant de ce fait toutes les formes de sociabilité pourtant essentielle à leur bien-être. D’un point de vue historique et anthropologique, nous remarquons que cette crise poursuit une tendance antérieure qui est celle, au fond, de l’abandon des plus âgés et de mise à l’écart de ces individus au sein des Ehpad.

Cette situation nous invite à nous poser la question du respect de leurs choix, de leurs désirs et leur droit au(x) risque(s). Ne pas attraper le Covid-19 est-il un but suffisant dans leur existence ? Ces personnes (parfois très) âgées, qu’ont-elles à nous dire sur la mort ? Aborder la question de la mort c’est aussi parler de la vie. De la vie qu’il leur reste à vivre. Où plutôt de la façon dont ils souhaiteraient vivre les jours, les mois ou les années qu’il/elle leur reste. Le confinement nous a invité à un voyage vers l’intériorité. Et la perspective de la mort oblige à s’approfondir, à se poser les questions qui comptent vraiment.

Résidence en collaboration avec Radio Vassivière et l’Ehpad Pierre Ferrand de Royère-de-Vassivière

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Jean-Marie Montangerand
Après une formation d’opérateur de prise de vue, il débute aux Laboratoires Éclair et s’oriente ensuite vers la réalisation de documentaires. Il tourne plusieurs films dont Le Périple jeune et Siciliens diffusé sur France 3. En 2014, il entre en résidence à l’école documentaire de Lussas pour son documentaire Roger du Désert, lauréat  « Brouillon d’un rêve » de la Scam. Il écrit et co-réalise Les Yeux de la Parole, produit par Bel Air Media, sorti en salle en mars 2019, en partenariat avec Mediapart, après différentes sélections en festivals (Grand prix au Réel en vue, Institut du Monde Arabe, BAFF Beyrouth, FICNC Cotonou, Festival des Libertés et des Droits de l’Homme, PCMMO…).Boris Chomon
Après un mémoire sur Manon Lescaut et la littérature de l’abbé Prévost, Boris part au Japon et réalise un petit film, Shinjuku station, à Tokyo. Puis, il intègre le Master “documentaire de création” à Lussas. C’est dans ce village ardéchois qu’il fait la connaissance de Jean-Marie. Boris réalise un film de fin d’études, À ciel ouvert, sélectionné au Festival du film court de Villeurbanne. Il développe un projet de moyen métrage intitulé Jour de vacance, après avoir été sélectionné au sein de la résidence d’écriture du Moulin d’Andé-CÉCI, et le Workshop du Festival du cinéma de Brive. Entretemps, il a travaillé sur une douzaine de tournages de films de fiction en tant que cantinier, par goût du partage, de l’aventure et des grandes tablées, mais aussi afin de se frotter d’un peu plus près à la cuisine du cinéma.