en résidence du 22 novembre au 2 décembre et du 9 au 22 mai 2022

 

Intuition de recherche

 

C’est un tout début, les prémisses de prémisses d’une envie d’écrire au sujet de mes relations aux autres, interactions de corps et de chairs. Je me demande souvent les frontières entre ce qu’on nomme « amour » et « amitié », et ce que ça ferait de les faire sauter : pourquoi quand on a embrassé ou fait l’amour avec un·e autre on dit qu’on a passé une frontière ? Je m’interroge sur la place du sexe à l’intérieur de ce qui – de l’extérieur est nommé « relation amoureuse ».
Sans me défaire tout à fait des termes qui servent à préciser, à éclaircir, j’aimerais interroger davantage les manières de nommer et de raconter les relations humaines et surtout intimes que j’entretiens dans mon quotidien, celles de longue date et les toutes naissantes. J’aimerais aussi étendre ces questions relationnelles à un spectre plus large englobant l’environnement dans lequel ces relations se fondent et évoluent, pour ne pas oublier tout ce qui agit aussi sans nous.

 

Sarah Baraka

Autrice, performeuse et militante féministe queer anti-raciste, je travaille (et vis) entre Lille et Bruxelles. En constante recherche d’un dialogue entre écriture et mouvement, je m’entoure d’artistes formidables pour la création de spectacles vivants (je suis dramaturge pour des spectacles de danse, métier que j’ai appris sur le tas) et de livres (notamment avec la maison d’édition Les Piñatas à Lille). En 2017, je réalise un mémoire portant sur la performance orale en poésie au sein du Master en Danse/Pratiques Performatives à l’Université de Lille. Je traverse, la même année, diverses formes de pratiques chorégraphiques auprès de chorégraphes comme Mylène Benoît, Steven Michel ou encore Thibaud Le Maguer. A l’automne 2018, j’auto-édite un livre d’artiste intitulé DES LIES, qui parle de rupture amoureuse mais surtout du long chemin pour se retrouver soi-même à l’intérieur d’un tel événement. Je dirais que ma pratique de l’écriture est essentiellement auto-fictionnelle, centrée sur l’intime, les souvenirs et les relations aux autres.
En 2020, je crée avec El Pradot, chorégraphe et danseur.euse, le Collectif MUES (basé à Lille) pour mieux porter nos projets de spectacle, nos envies d’écriture et de fabriquer des livres. Depuis mars 2021 je travaille avec ma sœur jumelle, Lina, sur un projet de spectacle-vidéo autobiographique intitulé Okhty qui veut dire « ma sœur », en arabe.

 

© Nino André