© Sarah Blum

En résidence du 8 au 21 mars 2021

 

À partir de ses recherches menées dans la basse vallée de l’Omo en Ethiopie, Anna Gaïotti entreprend l’écriture de la création A Kiss Without Lips.

L’approche des danses et des musiques se joue pour cette création au cœur d’un travail d’écriture poétique et dans le prolongement d’une quête éthonomusicale auprès des tribus Hamar et Nyangatom. A Kiss Without Lips (AKWL) cherche à étendre la compréhension d’un dialecte gestuel, sonore et spirituel. AKWL tente d’apprécier son caractère ordinaire comme extraordinaire, telle une mémoire empruntée à la vie domestique, à son ennemi et aux monstres, à ses incarnations répétées et ritualisées par le corps vulnérable. AKWL engage une réflexion sur la fracture d’une écologie locale dévastée par une culture patriarcale, une économie mondialiste univoque provoquant une crise climatique et humaine irréversible. Ce baiser est l’espace-temps d’un voyage aux confins des frontières Kenyane et Sud-Soudanaise où, aujourd’hui, les terres et les êtres sont divisés, où les eaux et les peaux sont divisées, où le corps se divise en son cœur.

À travers la lecture d’écrits qui oscillent entre recherche et fiction poétique, et de ses archives immatérielles (mémoire du corps dans les danses et dans le travail du métal), Anna Gaïotti fait lieu et lien entre les pensées ethnologiques et la possible narration de son amour avec ce pays, la transmission de son vécu et d’une lutte parmi les humains, les animaux, les plantes, les sorcières et les monstres.

Un récit est né, de sa manière de venir et de revenir dans cette contrée, de toucher peu à peu et de s’acculturer, de participer aux temps de la vie quotidienne et aux gestes parmi les forgerons, les fermiers, les femmes et les enfants ; d’apprendre l’artisanat du métal, de l’écoute des silences et des bruits de la brousse, de sa pratique continue de l’écriture.

« Une question reste : quand bien même je suis accueillie et que je me lie d’amitiés intègres, qu’est-ce que mon corps de femme blanche occidentale peut dire de la survivance d’une expression vivante d’un peuple ? J’interroge ma poésie et j’interroge la poésie des corps féminins Hamar et Nyangatom. J’interroge mon identité façonnée et j’interroge l’identité façonnée des femmes Hamar et Nyangatom. »

L’objet de cette création n’est pas de s’approprier une expression qui n’est pas sienne, Anna Gaïotti réfute toute forme d’exotisme. Elle souhaite concevoir le plateau et ses écritures comme un espace où sont réverbérés deux mondes qui la cohabitent : là-bas et ici. L’être exilé est partagé entre ce qui l’enracine et ce qui l’émancipe. Ainsi, elle intègre et étend une danse intrinsèquement liée à l’écoute sonore et physique d’un environnement où le corps est un instrument vibrant et criant.

 

 

Anna Gaïotti est artiste chorégraphe danseuse et écrivaine. Elle articule son langage artistique dans une relation plurielle, entre le texte, la danse et la musique. Son travail prend corps et relate dans ses expériences de vie et danse dans les mondes nocturnes (techno, prostitution), et plus récemment en Ethiopie. Issue de la performance, elle met en en scène le.s corps par des biais radicaux, bien gré mal gré, où elle vise à confronter les choix et les non choix, les doutes et les normes, la fiction et la réalité d’une identité personnelle ou commune.

Ces spectacles et sa pratique musicale des claquettes tendent à débrider la relation entre la musique et la danse, cherchant à modeler des écritures qui partent de l’expérience du corps et d’un environnement avant qu’elles ne se composent et se figent.

Elle fonde LOVALOT en 2015, structure qui produit ses spectacles et le travail musical du trio vierge noir e composé de Léo Dupleix, Anna Gaïotti et Sigolène Valax.

Elle créé le dyptique (soli) Rbel fter m heart et Annus en 2013 au sein du CNDC d’Angers.

Elle collabore avec la guitariste Nina Garcia (Mariachi) pour Plus de Muse Mais un Troupeau de Muets (2016), et le musicien Thibaut de Raymond (Raymonde) pour la pièce de groupe PALSEMBLEU (2018). Depuis 2019 elle collabore plus étroitement avec vierge noir e avec qui elle créé BAL DES LAZE (2019), LES ANTÉCÉDENTES (2020) et A Kiss Without Lips (2021).

Elle performe l’Ange de L’Histoire (2015) et  HEAVYMETAL (2017) dans différents lieux et festivals alternatifs en France, Belgique et au Japon, et ne cesse de jouer dans le milieu des musiques expérimentales et improvisées avec vierge noir e, TTTT en duo avec Pascal Battus, Jean-Luc Guionnet entre autres.

Anna Gaïotti est danse et collabore auprès des chorégraphes de Mark Tompkins, Phia Ménard, Nathalie Broizat, Tatiana Julien ; et pour les cinéastes Véronique Aubouy et André S. Labarthe.

De 2014 à 2019 elle est associée aux artistes plasticiennes Amélie Giacomini & Laura Sellies, pour qui elle performe et met en scène dans leurs films (Sénégal, Lanzarote).

Impliquée au sein du Performing Arts Forum, elle y co-organise Indigo Dance avec Mårten Spångberg, Adriano Wilfert Jensen, Emma Daniel et Linda Blomqvist de 2014 à 2016, et y donne régulièrement des worshops intensifs. Elle organise également la programmation sauvage de D i s s i d e n t  en banlieues parisiennes.

Sa poésie a été éditée chez l’Échappée Belle.

© Sarah Blum

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