En résidence du 7 au 17 juin 2022

 

Biographie

Narratrice, artiste plasticienne et chercheuse, Alice Mortiaux termine actuellement une thèse en Arts et sciences de l’art entre l’Université Libre de Bruxelles et l’Ecole de Recherche Graphique (Bruxelles). Ses recherches empruntent simultanément deux voies, celle de la philosophie et celle de la fiction, pour explorer un même réseau d’obsessions et de questions autour de ceux que B. Latour nomme les modernes : leurs affects, leurs perspectives, leurs territoires, la manière dont leurs abstractions les façonnent. Dans la partie philosophique de ses recherches, elle explore ces questions en utilisant principalement les outils de Bruno Latour et d’Isabelle Stengers, de Gilles Deleuze et du pragmatisme américain (W. James, J. Dewey). Dans la partie artistique, elle reprend ces problèmes dans leurs implications sensorielles et affectives, en passant par le dessin, l’écriture et le détournement d’archives pour composer un récit de fiction expérimental.

Alice Mortiaux est membre du Groupe d’Etudes Constructivistes (Bruxelles) et diplômée du master en Narration spéculative de l’Ecole de Recherche Graphique. Sa thèse a bénéficié du soutien du Fond de Recherche en Sciences Humaines (FRESH – F.N.R.S). Elle est l’auteure de plusieurs publications, notamment Les yeux que nous n’avons pas. Approches des perspectives non-humaines à partir du film Leviathan dans la revue « Le CRI – Miscellanées d’architecture » (2019) et Façonner l’intimité de l’univers. Pratiques de l’analogie dans des mondes plus qu’humains (avec V. Despret et N. Prignot, à paraître).

 

Alice Mortiaux – Exposition Others – © Thierry Dupierreux-Fettweiss

 

Projet de recherche

Géotropisme — projet narratif en cours depuis 2017, édition expérimentale, textes et images (média mixtes).

Entre le reenactment, l’uchronie et la SF expérimentale, le récit Géotropisme fonctionne par réappropriation et détournement d’archives à propos de la plaque de Pioneer — « message de l’humanité » envoyé dans l’espace par la NASA en 1973 — ainsi que de Carl Sagan, l’astrophysicien qui en est l’auteur.

D’une séance d’exorcisme à une interview BBC en passant par les planches d’un manuel de géologie du futur, le récit vise à décliner, à partir de Carl Sagan et de son message, une multitude de versions : des versions altérées, perverties, re- situées, terrestres. Géotropisme se pense comme un portrait qui serait à la fois celui de Carl Sagan, de son époque et des affects modernes qui les traversent. Un portrait qui utilise la fiction pour tenter d’établir à la modernité un rapport triplement fidèle : fidèle à ce qu’elle a été, à ce qu’elle aurait pu être et à ce qu’elle pourrait devenir.

 

Géotropisme 2 – © Alice Mortiaux

 

 

Plus d’info

Academia : https://ulb.academia.edu/AliceMortiaux

 

Région Infra :

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« Cultiver nos pratiques d’abstraction ? Reprise de L’art comme expérience » – Récits des terrestres :