En résidence du 15 au 21 avril, du 3 au 9 juin, du 16 au 22 septembre et du 4 au 10 novembre 2024

Ce qui n’est pas né

Ce qui n’est pas né est une pièce pour deux interprètes : un danseur et un musicien.

Dans un petit espace de jeu, dénué d’artifice technique (amplification du son, lumière artificielle, etc) nous tenterons de retrouver, grâce à nos corps, nos voix et à deux instruments, un chant polyphonique à deux voix, vieux de plusieurs siècles, que nous pensons pouvoir convoquer grâce à différentes situations, postures, mouvements et représentations.

Au grès des mouvements et des postures, une mémoire revient, une mélodie se dessine, devenant de plus en plus précise, puis se perd à nouveau.

Les deux hommes disgressent, ils cherchent cette mélodie en s’aidant parfois d’un orgue positif ou d’un cetera archaïque.

Ces dérives leur permettent parfois d’aller toucher d’autres éléments sensibles, presque comme une étape intermédiaire inattendue, mais indispensable à la découverte de cette mémoire.

Cette pièce découle fortement d’une envie d’aller, grâce au spectacle vivant, dans le sens de ce qu’Aby Warburg nommait, la Pathosformel ou « formes du pathos » en utilisant un angle qui lui a été propre lors de la constitution de son œuvre phare : L’Atlas Mnémosyne.

Cet angle, cette méthode, consistait pour Aby Warburg en la mise en relation d’images et de fragments d’œuvres disposés sur de grands panneaux dans le but d’y créer les fondements d’une grammaire figurative générale et de faire émerger par ces relations un lien, une mémoire.

Nous reprenons modestement cet angle de recherche en nous fixant sur l’idée qu’à travers les signes, les représentations et les ponts crées entre différents éléments représentatifs, nous pouvons aller chercher une matière impalpable émergeant d’une sorte d’interstice séparant deux tentives de représentation ; et, parce qu’elle est impalpable, parle à toutes et à tous indifféremment de notre « bagage » culturel ou social, ainsi que de notre genre ou origine.

Nous proposons alors, avec les éléments à notre disposition, à savoir nos corps en action, nos voix et le jeu instrumental, une sorte de « panneau vivant », une page en mouvement de notre Atlas Mnémosyne fantasmé.

 

« Le passé n’est pas passé tant qu’il s’exprime à l’aide de traces inaltérables dans chaque créature humaine à venir, et l’ancien n’est devenu vieux, tant qu’il doit encore rajeunir dans chaque nouvelle puissance imaginative en germe »

– Karl Philipp Moritz

 

Charles Pietri

Charles Pietri est danseur et chorégraphe. Il se forme à la danse contemporaine au CNR de Paris ainsi qu’au CNSMD de Lyon. A sa sortie, il travaille avec plusieurs compagnies (ADN Dialect, Rabbit research, Cie Juha Marsalo, teatro instabile di Aosta, Eolie Songe…). Il collabore également avec Tarek Halaby (Loving for the first time), Les Gens d’Uterpan (Topologie), La Comédie de Caen (War sweet War), la compagnie des Limbes (L’utopie est la seule réalité) et plus récemment avec Loge 22 – Julien Monty pour Projet Forets et Garsherbrum. Il se met très vite à chorégraphier avec la pièce Abcentre (2011) puis crée La Tierce en collaboration avec Séverine Lefèvre et Sonia Garcia. Ensemble, il.elle.s créent les pièces et performances ÉCRITURES, Extraction, En creux, Inaugural, D’après nature, 22 ACTIONS faire poème, Construire un feu et imaginent en 2015 le projet de recherche chorégraphique PRAXIS encore à l’œuvre aujourd’hui. La Tierce travaille actuellement sur une prochaine pièce, La contreclé (création en 2025). Charles se forme également à la musique ancienne à travers la pratique du théorbe, pour cela il étudie au CMAS (Centre de Musique Ancienne Sauterne).

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Kevin Malfait

Après avoir débuté sa formation au CIAM (33), Kevin Malfait poursuit son cursus musical au conservatoire de Bordeaux, section Jazz.

De 2011 à 2017, il est membre actif du groupe bordelais Tulsa avec qui il fait de nombreux concerts et festivals en France (coopérative de mai, francofolies, musilac, la cigale, la boule noire, le stéréolux, etc.) et avec qui il enregistre plusieurs disques.

En 2016, il compose avec Clément Bernardeau un ciné-concert sur le dernier des hommes de F.W Murnau.

Toujours avec Clement Bernardeau il compose et interprète la musique des pièces D’après nature et 22 actions faire poème de la compagnie chorégraphique la Tierce. Il travaille actuellement sur la musique de leur prochaine pièce La Contrecle.

Il collabore régulièrement avec l’artiste Bordelais Georgette Power notamment pour la mise en son de rêves dans le cadre du projet Marécages (2022-2023).

De 2016 à 2020, il forme avec le comédien et metteur en scène Romain Jarry (Cie des Limbes), le duo musical et textuel je ne sais quoi avec qui il fait plusieurs concerts (trente-trente, festival face Z à Genève, horizons numérique, Bordeaux rock, etc). je ne sais quoi enregistre un EP en 2016 puis un album qu’est-ce que ça en 2018.

En 2021 il créait une pièce musicale pensée à travers un dispositif d’installation sonore et visuelle nommé Retable – souvenirs d’une création. Depuis, son travail se tourne vers la composition pour instruments anciens, ou destinés à la musique ancienne ainsi que pour la voix avec une affection toute particulière pour la polyphonie. Pour approfondir ce domaine il se forme, entre autres, au CMAS (Centre de Musique Ancienne Sauternes).

En 2024, il démarre Trobairitz, qui est projet d’écriture polyphonique à partir de chants de troubadours en Occitan pour quatre voix de femmes.

 

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Production : Autour
Soutiens et coproductions confirmées : La Métive, Compagnie des marches de l’été, théâtre La Lucarne – l’Avant poste, IDDAC.

Avec le soutien en résidence du 12 au 16 mars à l’Atelier des marches de l’été, et du 9 au 13 décembre à La Lucarne