En résidence du 12 au 25 avril 2026 à La Métive.
Édouard Lenormand
Je m’appelle Édouard Lenormand et je suis artiste documentaire, basé à Paris. Je suis normand ! Et un peu breton aussi. De ce métissage pluvieux est née une envie de comprendre le monde et les trajectoires de celles et ceux qui le traversent, souvent en quête d’identité. Diplômé d’un Master en Histoire et d’un Master en Linguistique, j’ai vécu en Allemagne avant de m’installer à Paris.
En 2014, je participe à la création du collectif Les Dockeurs, qui rassemble des réalisateurs passionnés par l’histoire et ses archives. Au sein du collectif, je travaille à la fois comme réalisateur, monteur et photographe documentaire. Je cherche à concilier mes deux passions, l’histoire et les langues. Mon travail documentaire explore les liens entre mémoire, archives et transformations du monde contemporain. À travers mes films, mes photographies et mes recherches, j’interroge la manière dont l’histoire s’inscrit dans l’environnement, les langues et les récits personnels. La question de la disparition et de la préservation est un thème récurrent dans mes projets.
Je m’intéresse particulièrement aux archives vivantes, celles qui ne sont pas seulement des traces du passé, mais qui continuent d’évoluer et de résonner avec le présent. Mon approche mêle recherche historique, exploration de terrain et collecte de témoignages, avec une attention particulière portée aux documents et aux voix qui risquent de disparaître. Depuis plusieurs années, mon travail m’a conduit à explorer les fractures de l’histoire – des archives coloniales aux mémoires de la Seconde Guerre mondiale, des langues en voie d’extinction aux mutations environnementales.
L’Usage de la Forêt
Aujourd’hui, je veux poursuivre mes recherches dans cette direction et questionner les impacts des bouleversements climatiques à l’échelle locale. Je cherche à comprendre en quoi les forêts sont touchées par ce réchauffement et comment elles peuvent servir à la fois d’indicateur, mais aussi de « sauveteur » du futur de l’humanité. J’ai commencé ce projet interdisciplinaire en 2023, à l’occasion d’un atelier suivi pendant une année à l’Agence VU’, et supervisée par la photographe Martina Bacigalupo. Ce projet, d’abord photographique, s’intitule « L’Usage de la Forêt ». Avec la photographie, donc, mais aussi avec le son et la vidéo, je cherche à rendre compte des enjeux climatiques et politiques autour de la gestion des forêts creusoises. L’usage de la forêt, c’est à la fois son usage (socio)économique, par les bûcheron·nes, les travailleureuses du bois, qui font un métier dangereux où l’espérance de vie en bonne santé est une des plus faibles en France, mais aussi son usage écologique, en tant que puits de carbone et source de biodiversité. Ce projet est conçu comme une enquête écologique autour des différents usages de la forêt à l’échelle d’un département. Aujourd’hui, en France, la forêt est toujours plus importante, et couvre toujours plus de territoire. Pourtant, selon les dernières estimations, elle capte de moins en moins de CO2. En partant de ce paradoxe, j’ai décidé de mener l’enquête et de m’enfoncer dans le monde dense et mystérieux du bois et de la forêt. Pour la concevoir, je me suis beaucoup inspiré du travail de la photographe Sandra Mehl, et de son travail autour de l’environnement qui disparaît en Louisiane suite à la montée des eaux, mais aussi de l’enquête effectuée par Mathieu Asselin sur l’agent orange et Monsanto, qui mêle archives et photographies récentes.
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