Pour une autre écologie des liens
1ère édition du 11 au 13 novembre 2026.
Pour une autre écologie des liens
Du 11 au 13 novembre 2026, La Métive propose de faire un peu de place pour penser ensemble ce qui nous relie aux autres, aux lieux, aux vivant·es et aux non-vivant·es, à ce dont nous dépendons et à ce dont nous prenons soin.
Pendant trois jours, nous traverserons ensemble différents lieux de Creuse au fil de rencontres, conversations, marches, temps d’ateliers et de recherches, repas partagés et veillées.
Il ne s’agit ni d’une formation, ni d’un colloque, ni d’une résidence destinée à produire une œuvre. Nous souhaitons fabriquer un espace commun de recherche, où les savoirs vécus puissent compter autant que les savoirs théoriques, et où l’on puisse penser avec les corps, les paysages, les récits et les autres.
Comment habiter un monde qui nous apprend de plus en plus à nous séparer ?
Comment refaire du commun sans effacer nos différences ?
De quelles relations avons-nous besoin pour rendre nos territoires et nos vies habitables ?
Accueillir. Venu(e)s d’un ventre ou d’un pays
Rencontre avec Marie-José Mondzain
Mercredi 11 novembre 2026 à 20h à La Métive, Moutier-d’Ahun
Et si accueillir n’était pas simplement ouvrir sa porte, mais accepter que l’autre transforme notre manière d’habiter le monde ?
Nous vivons une époque où les frontières se durcissent, où les appartenances deviennent des instruments d’exclusion, où la peur de l’autre se cultive comme une évidence politique. Une époque où l’on nous somme de choisir entre celles et ceux qui seraient d’ici et celles et ceux qui viendraient d’ailleurs. Comme si l’humanité pouvait se partager entre les légitimes et les indésirables.
Mais qui est véritablement étranger ? À partir de quand appartient-on à un lieu, à une famille, à une communauté ? Et qu’est-ce qui nous autorise à décider qui mérite d’être accueilli ?
Dans son livre Accueillir. Venu(e)s d’un ventre ou d’un pays, paru aux éditions Les Liens qui Libèrent en 2023, la philosophe Marie-José Mondzain nous invite à renverser notre manière de penser l’hospitalité.
Nous avons appris à considérer la naissance, le sang, les origines comme les fondements naturels de nos appartenances. Elle nous propose une autre perspective : personne ne trouve véritablement sa place dans le monde sans être accueilli, reconnu, adopté. La filiation ne serait alors qu’une forme particulière de l’hospitalité.
À la filiation, Marie-José Mondzain propose de substituer la « philiation », une manière de penser les liens à partir de l’affection, de la rencontre et de la reconnaissance plutôt que de l’héritage biologique.
Cette pensée est profondément politique. Elle nous oblige à interroger les frontières que nous dressons entre les êtres, les récits d’origine qui justifient les exclusions, mais aussi les conditions dans lesquelles nous pouvons construire un monde commun.
Accueillir c’est reconnaître que nos existences se construisent dans la relation, que nous sommes toutes et tous, d’une certaine manière, les hôtes les un·es des autres.
Pour cette première soirée de « Pour une autre écologie des liens », nous vous invitons à penser l’hospitalité comme un geste de résistance, une pratique de liberté et une possibilité de transformation collective.
Et si l’avenir de nos démocraties dépendait précisément de notre capacité à faire une place à celles et ceux que nous n’attendions pas ?
Marie José Mondzain
Philosophe française, directrice de recherche émérite au CNRS, Marie-José Mondzain est une figure majeure de la pensée contemporaine sur les images, le regard, la liberté et l’émancipation.
Ses travaux explorent les relations entre les images et le pouvoir, la construction des imaginaires collectifs, les conditions de la pensée critique et les formes de domination qui traversent nos sociétés.
Autrice de nombreux ouvrages, parmi lesquels Image, icône, économie (1996), Homo spectator (2007), Confiscation. Des mots, des images et du temps (2017) et K comme Kolonie. Kafka et la décolonisation de l’imaginaire (2020), elle développe une pensée exigeante, attentive à ce qui rend possible la liberté des sujets et leur capacité à faire monde ensemble.
Dans Accueillir. Venu(e)s d’un ventre ou d’un pays (2023), elle poursuit cette réflexion en faisant de l’hospitalité non seulement une exigence éthique, mais un principe fondateur de notre existence
Le jour où on a mis la carte sur la table
Une rencontre avec Isabelle Attard, Caroline Vercaigne et Stéphane Hoareau.
Jeudi 12 novembre 2026 à 19h30 au Camping du Puyberaud à Moutier d’Ahun
Il arrive un jour où la carte que l’on suivait ne correspond plus au territoire que l’on habite. Où les chemins tracés pour nous, les modèles de réussite, les promesses de croissance et les injonctions à produire cessent de faire sens. Alors, une question surgit : et si nous pouvions dessiner d’autres cartes ?
Changer de vie, changer de regard, changer de place. Mais que signifie réellement bifurquer ? Est-ce quitter un métier, une ville, un système de valeurs ? Est-ce renoncer à quelque chose ou, au contraire, retrouver la possibilité de choisir ? Et comment faire pour que ces transformations individuelles deviennent aussi des aventures collectives ?
Pour cette rencontre, La Métive réunit trois personnes dont les parcours invitent à interroger nos rapports au travail, au territoire, à l’engagement et au vivant.
Isabelle Attard, ancienne députée, archéozoologue de formationde formation et militante écologiste, a fait de la remise en question des structures de pouvoir, de la défense des communs et de l’émancipation collective des fils conducteurs de son engagement.
Caroline Vercaigne, après une longue carrière dans l’aéronautique et les énergies renouvelables, a choisi de s’installer en Creuse, où elle développe aujourd’hui une activité d’accueil touristique. Stéphane Hoareau, ancien professionnel de la maintenance aéronautique, a lui aussi quitté cet univers pour s’ancrer dans ce territoire, entre accueil, éducation et engagements associatifs. Tous deux participent à la vie locale, notamment à travers plusieurs associations.
Trois parcours différents, trois manières d’éprouver les tensions entre ce que la société attend de nous et ce que nous souhaitons faire de nos existences.
Ensemble, nous nous demanderons ce que nos bifurcations racontent de notre époque. Comment sortir de la seule logique de performance ? Comment réinventer notre rapport au travail, au temps, à la consommation, aux autres ? Quelle place peuvent prendre les territoires ruraux dans l’invention de nouveaux imaginaires politiques, sociaux et écologiques ?
Car une autre écologie des liens ne se décrète pas. Elle se cherche, se négocie, s’expérimente, parfois dans l’inconfort et la contradiction. Elle suppose de reconnaître nos interdépendances, de questionner nos privilèges et de comprendre qu’aucune transformation individuelle ne saurait suffire sans une réflexion sur les conditions collectives qui la rendent possible.
Et si mettre la carte sur la table, c’était d’abord accepter que les chemins restent à inventer, ensemble ?
Les rencontres sont sur inscriptions et suivies d’un repas et d’une veillée. Entrée et repas à prix libre et sur adhésion.
Appel à candidature (terminé)
Nous ouvrons 3 places pour rejoindre cette traversée.
L’appel s’adresse à toutes et tous : artistes ou non, auteurices ou non, agriculteurices ou non, chercheureuses ou non, habitant·es de Creuse ou d’ailleurs. Aucun diplôme, expertise ou pratique artistique n’est nécessaire. Seulement l’envie de mettre quelque chose en partage.
Du 11 au 13 novembre 2026
La Métive et différents lieux en Creuse
Hébergement et repas pris en charge
Candidatures jusqu’au 18 octobre 2026
Pour candidater, envoyez-nous une lettre de motivation, sans format académique attendu, à lametive@lametive.fr
Objet : Candidature – Pour une autre écologie des liens
Cette proposition est portée par l’équipe de La Métive, en collaboration avec les chercheureuses Pauline Vigey et Nathan Ben Kemoun, ainsi que Chloé Blanchard, bénévole impliquée dans l’association culturelle Mo(uve)ments.



