En résidence du 16 au 22 février 2026.

la Métive accueille en résidence 3 projets pour une première semaine de résidence conjointe, qui ont pour point commun d’être des projets autour du violon traditionnel et des croisements entre musique traditionnelle, musique contemporaine, musique répétitive, improvisation.

Entre, solo de Lucile Marsac

Puiser dans les collectages qui me touchent, m’en imprégner, interpréter et faire sonner ces mélodies, ces chants, à travers une approche modale et micro-tonale. Ornementations, variations, improvisations modales et improvisations libres, respirations, recherches sonores…autant de façons d’interagir et de jouer (avec) les musiques traditionnelles occitanes et poitevines.

© Lucile Marsac

Violoniste et chanteuse, Lucile débute le violon classique à 8 ans avant de se tourner vers les musiques traditionnelles du Poitou, sa région d’origine. Elle se forme à l’oreille dans les bals, festivals et stages, puis explore les répertoires du Massif central, d’Auvergne et du Limousin. Depuis quinze ans, elle cofonde et joue dans plusieurs groupes de bal où elle pratique le quinton et le chant en français et en occitan.

Parallèlement, elle développe un travail autour des musiques improvisées, du jazz et de la musique baroque, nourrissant une approche sensible et libre du jeu. En 2022, elle devient musicienne professionnelle et approfondit ses recherches autour des musiques modales, de la microtonalité et des liens entre traditions et improvisation.

Elle travaille aujourd’hui à un projet solo qui explore la rencontre entre musiques traditionnelles et improvisées, intégrant effets sonores et instruments préparés.

Ortgombo, solo de Romain « Wilton » Maurel

Ce solo sera l’occasion d’orienter mon travail sur la recherche d’une forme où s’équilibrent, sans se nuire, l’interprétation de mélodies ou de chansons et l’improvisation libre. Chantier acrobatique tant il est courant d’opposer ces deux pratiques… mais pour autant il reste inévitablement un endroit de jeu à visiter, le plus confortable possible, où se rencontrent le monde de la micro-variation propre aux musiques traditionnelles si répétitives, et une démarche d’improvisation qui elle, accorde une très grande place à l’instant présent, aux ruptures, et à l’abstraction sonore. Le point commun entre la pratique des musiques traditionnelles et celle de l’improvisation résidant, selon moi, dans l’attention toute spéciale à la matière sonore, à la singularité et la diversité des timbres, au rapport aux espaces qu’ils soient acoustiques ou re-créés par l’enregistrement et l’amplification.

Il s’agit donc tout d’abord de puiser dans mon background historique et affectif de musicien « traditionnel » et dans mes cheminements à travers le vaste champs des musiques improvisées; pour développer un répertoire sur mesure: un « tour de chant » sélectif, dont on appuiera les lignes de force en étirant les différentes pièces, pour en faire des terrains d’expérimentation larges, ouverts et aérés.

Majoritairement en appui sur les traditions de violoneux du Massif Central, ma pratique musicale s’enrichit d’un vocabulaire hétéroclite (voix, percussions, objets sonores, arts de la parole, clown). Je souhaite aussi aborder la question du répertoire dans une perspective de « créolisation » de l’esprit de clochers : « Òrt » signifie jardin potager en Occitan, en quelque sorte c’est mon jardin intérieur, fleuri d’astringences musicales locales ; alors que le « Gombo » est à la fois un mot générique employé pour « plantes » dans la Caraïbe, et le nom d’un plat emblématique de la cuisine créole qui comprend un grand nombre d’ingrédients de diverses origines. Ainsi, l’idée est de passer du petit potager intime au grand ragoût chaleureux et inclusif.

Matériaux envisagés : complaintes traditionnelles du pays natal, violons préparés, rythmes brésiliens, calebasse, valse louisianaise, chant diphonique, loopstation, susaps, ableton live, chanson de création, graines, gouznis, planche à pieds.

Après avoir consacré une dizaine d’années, principalement au sein du collectif l’Excentrale, à confronter les musiques traditionnelles du Massif Central à d’autres pratiques musicales, d’autres esthétiques, imaginaires et disciplines du spectacle vivant ; je souhaite recentrer mon cheminement sur la figure du violoneux, du conteur, du chanteur, et du bruiteur, en solo. Le cadre protéiforme de la « veillée » m’apparaît comme un canevas pour l’élaboration d’un premier solo, qui devra pouvoir s’adapter à la fois aux festivals et lieux de spectacle classiques et aux locaux « non-dédiés », lieux alternatifs, tiers-lieux, et bien sûr chez l’habitant. Imaginer la forme que prendra ce temps de « veillée » proposé sera la première grande étape du projet « Òrt Gombo » : relation à l’espace physique et à l’espace acoustique, répertoire musical, dispositif « live »…

Le duo Séri-Stimbre, Alex Séli et Camille Stimbre

La rencontre de Camille Stimbre et Alexandre Seli naît du désir d’expérimenter à deux violons l’improvisation en lien avec les répertoires du Massif central. La perspective est la réalisation d’une forme concert. Leur matière première musicale se trouve dans les enregistrements de collectes — les violoneux en particulier — en majorité non publiés. De l’écoute approfondie ces archives sonores découle l’envie de mettre en évidence le caractère libre, sensible et original de cette musique, via un travail précis sur les tempéraments inégaux, sur les dynamiques d’archets, l’articulation, les timbres, ainsi que sur la micro-rythmie. Ce cheminement entre détail et forme, micro et macro, analytique et sensible, devient alors source d’inspiration pour la constitution de cadres d’improvisation, d’invention, entre contraintes et libertés. Ayants sur certains points des parcours musicaux identiques (musiques du Limousin et d’Auvergne, musiques classique et contemporaine), une expérience scénique jusqu’ici essentiellement tournée vers le bal, par moments les archets ne font qu’un et les violons s’accordent plus qu’espéré. Forts de ces possibilités et d’une sensibilité commune, le duo souhaite créer une forme libre, de concert, permettant la finesse des résonances acoustiques et la richesse des sons bruiteux. C’est de l’envie d’identifier leurs sensibilités musicales personnelles et de les développer, qu’est d’abord venue la pratique de l’improvisation. L’un des enjeux est d’approfondir la communication musicale, de se laisser porter par la matière sonore et explorer le violon sous tous ses angles. À l’issue, le concert devrait voir l’improvisation, voire l’invention préparée, se mêler à une part belle d’apparitions d’airs traditionnels. 

Camille Stimbre Musicien professionnel, Camille évolue au sein de différentes formations de musique à danser (Bargainatt, Duo Cam&Léon, Arquèthi, en solo …) dans lesquelles il est interprète et compositeur. Violoniste de formation classique (Bastia, Montpellier) jusqu’à obtention du D.E.M., en parallèle, Camille a toujours pratiqué les musiques traditionnelles à danser de manière autodidacte, par imprégnation : l’essentiel de son apprentissage s’est fait par la pratique de la danse et l’écoute passionnée. En 2018, il obtient le D.E. d’enseignement musical « spécialité violon, musiques traditionnelles » au CEFEDEM Auvergne Rhône-Alpes. Camille diversifie ses compétences par la pratique d’autres instruments (banjo, accordéon…) et d’autres styles de musique (improvisation, musiques extra-européennes, électrification et pédales d’effets…).

Alexandre Seli Alexandre évolue au sein de divers projets musicaux et créations en cours dans le domaine des musiques traditionnelles (Trencadit, Le Plaque, duo Desthiange-Seli, duo Seli-Latrémolière). Il enseigne les musiques traditionnelles du Limousin/Auvergne au conservatoire départemental de la Creuse. De formation classique, Alexandre revient au violon en se passionnant pour les musiques du Limousin et d’Auvergne, qu’il apprend essentiellement par l’écoute des enregistrements de collecte, et les rencontres des musiciens actuels. Il obtient un Master de musicologie en 2005 (Montréal, Lyon), les D.E.M. de Musique traditionnelle du Massif central et de Formation musicale en 2013, les D.N.S.P.M. et D.E. de Musique traditionnelle du Massif central en 2015 (CESMD/Pôle Aliénor). Les diverses esthétiques des projets dans lesquels il évolue, lui offrent les terrains d’expérimentation d’une variété d’approches musicales (modalité/tonalité, approches répétitives/progressives, acoustiques/ électriques, répertoire traditionnel/composition…). 

Ces trois projets sont accompagnés par le Garage Résidence – Station d’essence amorti·patrimoniale, collectif de 11 structures qui se retrouvent pour accompagner des projets d’essence matrimoniale·patrimoniale, c’est-à-dire qui ont un lien avec un territoire, un matri·patrimoine culturel immatériel. Le Garage Résidence est porté et coordonné par le CRMTL.