Sandy Kouamé est née à Abidjan le 14 Avril 1984. Elle viendra en résidence à la Métive du 8 au 22 octobre 2019. Elle travaillera à l’écriture de son prochain film ; Deni.

Deni signifie enfant dans tous les dialectes Malinkés de la Côte d’Ivoire. Le titre m’est venu tout à fait naturellement, car la question de la maternité est centrale dans ce projet. En Côte d Ivoire où j’ai grandi, c’est un sujet qu’ on ne peut éviter, car on est conditionné depuis le plus tendre âge à désirer des enfants, malgré la pauvreté, malgré la guerre… et même l’espérance de vie très faible n’est pas un motif de dissuasion : il faut avoir des enfants, quitte à ne pas les voir grandir. En effet, les personnes,surtout les femmes, qui n’ont pas d’ enfant vivent très malheureux. Ce désir absolu pousse parfois une femme a commettre l’impensable, comme dans cette histoire, qui m’a été inspirée par un fait divers, une affaire de meurtre de femme enceinte suivi de vol de bébé. J’étais partie pour reconstituer cette histoire vraie, j étais même carrément fermée sur l’idée de faire autre chose que du documentaire. Aujourd’hui pourtant, ce projet de fiction à complètement changé le prisme à travers lequel j’abordais cette histoire. Il y a deux ans, pour moi, cette histoire était un fait divers dont j’essayais de m’expliquer les raisons ou de comprendre les motivations profondes. J’ai développé aujourd’hui une sorte de distance poétique avec le sujet, il ne s’agit désormais de vivre ensemble des moments forts en émotions et peu importe si on comprend ou pas, on ressent, c’est un conte, une hyberbolisation de mes propres désirs contrariés. Et même si tout ça paraît un peu fantastique, cela est paradoxalement très encré dans le réalisme social. Une forme de réalité alternative qui existe bien dans l’esprit de nombreux ivoiriens, qui croient vraiment aux phénomènes surnaturels.

 

 

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